1. Une définition aux multiples visages
Le terme "biodiversité" est la contraction de diversité biologique. Si l'idée est assez ancienne, le mot a été popularisé lors du National Forum on BioDiversity à Whashington en 1986 par Edward O. Wilson.
Contrairement à une idée reçue, la biodiversité n'est pas seulement une "liste" d'espèces. C'est un concept qui s'articule sur trois niveaux interdépendants :
Contrairement à une idée reçue, la biodiversité n'est pas seulement une "liste" d'espèces. C'est un concept qui s'articule sur trois niveaux interdépendants :
- La diversité génétique (l'échelle de l'individu) --> C'est la variété des gènes au sein d'une même espèce. C'est elle qui explique pourquoi, au sein d'une même colonie de coccinelles ou d'un champs de coquelicots, chaque individu est unique. Cette diversité est l'assurance-vie des espèces : plus elle est grande, plus l'espèce est capable de s'adapter aux maladies et/ou aux changements climatiques.
- La diversité des espèces (l'échelle de la population) --> C'est le niveau le plus connu. Il désigne la variété des formes de vie : bactéries, champignons, plantes, insectes, mammifères...
- Le saviez-vous ? A ce jour, environ 2 millions d'espèces ont été décrites par la science, mais les estimations d'espèces totales varient entre 8 et 20 millions selon les modèles les plus récents (Source : Mora et al., 2011 / IPBES 2019)
- La diversité des écosystèmes (l'échelle du paysage) --> Un écosystème est l'interaction entre un milieu (le biotope : sol, eau et climat) et les êtres vivants qui l'habitent (la biocénose). A Hermanville, la dune, le marais ou une simple haie bocagère sont des écosystèmes. La biodiversité, c'est aussi la variété de ces milieux et les relations complexes qui les lient (qui mange qui ? qui pollinise quoi ?).
2. Pourquoi la biodiversité est-elle indispensable ?
Nous ne sommes pas en dehors de la biodiversité. Nous en faisons partie intégrante. Elle nous rend des services gratuits et vitaux, que les chercheurs appellent les "Services Ecosystémiques".
L'évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millennium Ecosystem Assessment, ONU, 2005) les classe en quatre catégories :
L'évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millennium Ecosystem Assessment, ONU, 2005) les classe en quatre catégories :
- Les services d'approvisionnement : Ce que nous prélevons (nourriture, eu douce, bois, molécules pour les médicaments). 70% de nos médicaments sont issus ou inspirés de substances naturelles.
- Les services de régulation : La nature travaille pour nous. Les insectes pollinisent nos cultures (un service estimé à plus de 150 milliards d'euros par an au niveau mondial), les zones humides épurent l'eau et les forêts régulent le climat en stockant le carbone.
- Les services de soutien : Ce sont les cycles fondamentaux, comme la formation des sols ou le cycle des nutriments, sans lesquels aucune agriculture n'est possible.
- Les services culturels : Le bien-être psychologique, les loisirs, l'inspiration artistique et le patrimoine paysager qui fait l'identité de notre commune.
3. Un équilibre fragile : La "Sixième extinction"
Si nous en parlons autant aujourd'hui, c'est parce que ce tissu vivant se déchire à une vitesse sans précédent dans l'histoire de l'humanité. L'IPBES (la "plateforme intergouvernementale sur la biodiversité", l'équivalent du GIEC pour le climat) a publié en 2019 un rapport alarmant : un million d'espèces sont menacées d'extinction dans les prochaines décennies.
Les scientifiques s'accordent sur les cinq causes majeures de cet effondrement :
Les scientifiques s'accordent sur les cinq causes majeures de cet effondrement :
- La destruction et la fragmentation des habitats : L'urbanisation et l'agriculture intensive réduisent les espaces de vie.
- La surexploitation des ressources : Surpêche, déforestation, braconnage.
- Le changement climatique : Il modifie les cycles de reproduction et déplace les aires de répartition des espèces.
- Les pollutions : Chimiques (pesticides), plastiques, lumineuses ou sonores.
- Les espèces exotiques envahissantes : Des espèces introduites par l'homme qui déséquilibrent les écosystèmes locaux.
4. La biodiversité "ordinaire" : Notre responsabilité locale
Il est facile et naturel de s'émouvoir pour le panda ou l'ours polaire, mais la bataille de la biodiversité se gagne d'abord chez nous. C'est ce qu'on appelle la biodiversité ordinaire.
C'est l'hirondelle qui revient nicher sous nos toits, le ver de terre qui aère le sol de nos jardins, ou la petite plante qui pousse entre deux pavés. Cette nature "de proximité" est la plus importante car c'est elle qui assure la résilience de notre territoire face aux tempêtes, aux sécheresses et aux crises sanitaires.
C'est l'hirondelle qui revient nicher sous nos toits, le ver de terre qui aère le sol de nos jardins, ou la petite plante qui pousse entre deux pavés. Cette nature "de proximité" est la plus importante car c'est elle qui assure la résilience de notre territoire face aux tempêtes, aux sécheresses et aux crises sanitaires.
Sources et références pour approfondir :
Pour garantir la rigueur de ces informations, nous nous appuyons sur les instances scientifiques de référence :
- IPBES (2019) : Global Assessment Report on Biodiversity and Ecosystem Services. Le document de référence mondial le plus complet à ce jour.
Lien vers le site de l'IPB ES -
UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) : Connue pour sa "Liste Rouge" des espèces menacées. Lien UICN France -
OFB (Office Français de la Biodiversité) : L'établissement public dédié à la protection et la restauration de la biodiversité en France.
Lien OFB -
Convention sur la Diversité Biologique (CDB/ONU) : Le cadre juridique international né au Sommet de Rio en 1992.





